Un café avec Sophie

Comment est-ce que tout ceci a commencé? C’est toute une question ça.

Probablement il y a quelques années après l’université. Je n’ai jamais vraiment su ce que je voulais faire dans la vie. Puisque je n’arrivais pas à me décider, j’ai choisi un diplôme le plus général possible; soit un Baccalauréat en Administration des Affaires spécialisation Marketing au HEC Montréal. Quand j’ai terminé mes études, je me sentais encore perdue et je ne savais pas trop quoi faire; je suis donc partie en voyage pour un an voir où cela allait me mener. 

Un de mes rituels en voyage c’était de déguster un cappuccino dans un café. C’était mon petit moment à moi, un moment de réflexion et de relaxation. Dans ce temps-là le wifi n’était pas disponible partout et j’adorais profiter de mon café, lire un livre et prendre le temps d’observer. J’ai continué ma petite tradition alors que je changeais de ville et de pays. Quand j’ai atterri en Australie, j’ai vraiment pris goût au café et à tout l’univers autour. La scène du café de troisième vague était déjà bien établie là-bas. Je faisais la tournée des cafés et je prenais des notes de ce que j’aimais le plus de chaque café, c’est à ce moment que l’idée d’ouvrir mon propre espace café un jour a pris forme.

Lorsque je suis revenue à la maison, je n’avais toujours pas idée ce que je voulais faire/accomplir, mais j’avais besoin d’argent puisque j’avais dépensé toutes mes économies au cours de la dernière année. Cela reste ma meilleure dépense à vie. J’ai donc postulé sur quelques emplois en marketing, question de faire en sorte que mes études me soient utiles. J’ai trouvé un super emploi et j’ai commencé à grimper les échelons.

Durant cette période, je me suis blessée et j’ai dû subir deux chirurgies consécutives au genou afin de réparer mon LCA. J’ai dû réapprendre à marcher et reconstruire complètement ma jambe au moins cinq fois en seulement deux ans. C’est fou comment on peut facilement prendre les choses les plus simples pour acquises jusqu’à ce qu’elles nous soient dérobées. Je ne prendrai jamais le fait de marcher pour garanti, ma santé est mon plus grand trésor.

Lorsque les choses se sont finalement placées et que je pouvais à nouveau marcher facilement, j’ai commencé à me sentir contrainte et enfermée par mes choix de carrière.  J’avais essayé quelques projets d’entreprenariats personnels, mais j’étais prête à me lancer et réellement donner une chance à mon rêve d’avoir mon propre café. Je suis plutôt raisonnable par contre et donc je devais savoir et comprendre ce que travailler dans un café implique.

J’ai cherché de l’emploi comme barista, mais on me disait que je n’avais pas d’expérience. J’ai donc cherché une école et j’ai trouvé l’Académie de café de Montréal, je me suis immédiatement inscrite. C’est là que j’ai rencontré David. Après ma formation, j’ai travaillé avec eux pour les aider avec l’aspect marketing. À ce moment-là, je travaillais encore pour une autre entreprise, mais après un mois dans le monde du café de spécialité, j’étais accro. J’ai donc fait le saut et j’ai démissionné de mon emploi confortable, bien rémunéré et socialement acceptable pour devenir barista à temps plein au salaire minimum. On dit que la vie commence à la limite de notre zone de confort, oui je vous confirme que c’est vrai!

Il y a cette conception romantique que d’être propriétaire d’un café est facile, que l’on est toujours relaxe et en train de surfer tout le temps. La réalité c’est que c’est beaucoup de travail, beaucoup d’heures, beaucoup de service à la clientèle et surmonter des petites embûches tous les jours. Deux ans dans ce métier et je réalisais que c’est vraiment ce que je voulais, mais j’en voulais aussi plus…

C’est là que nous avons commencé à penser à une compagnie de torréfaction. Cela me semblait l’aventure parfaite, puisque nous pouvons accomplir tellement de choses en tant que torréfacteur. Nous pouvons offrir un programme de partenariat, on peut ouvrir notre propre café, voyager à l’origine et développer des relations à long terme, je peux utiliser mes connaissances en marketing et construire notre marque et je peux être mon propre patron.

Alors, voilà, aujourd’hui je suis ici. Je suis ma propre patronne, une femme d’affaire et une entrepreneure. Ce n’est pas facile et nous essayons vraiment de faire les choses différemment, mais ces défis me poussent et m’encouragent à devenir la meilleure version de moi-même.


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